lundi 26 août 2019    Inscription

News

 

 

Dernières News à la Une :

Par Émilien Ercolani le 12/09/2012 Article Rating
Le jeune designer français Loïc Le Guen tente d’interpeller « les patrons d’industrie, les institutions ou les entrepreneurs » dans une lettre ouverte et pose plusieurs questions fondamentales pour l’avenir de la profession, en France notamment. 

Inutile d’en ajouter des tonnes, voici la lettre ouverte envoyée par le jeune designer français Loïc Le Guen, à destination des décideurs, dirigeants et politiques. A noter qu’elle a été écrite (et relayée par Graphism.fr) et lue par un lors du Design Summer Camp, le 7 septembre 2012.

« Né en 1989, je fais le constat simple que les produits technologiques qui m’entourent ne sont pas français. À ce titre, je m’interroge sur ce qui me restera de français en mémoire, parmi les objets de ma jeunesse ? Pourquoi lorsque l’on parle de la créativité dans l’industrie française, fait-on référence au passé ? Alors que nous sommes des leaders dans le domaine du luxe, pourquoi nos produits grand public ne trouvent-ils plus preneurs ? J’ai peine à croire qu’en France nous ne soyons plus capables d’inventer les formes de demain.

En tant que jeune designer, j’ai travaillé en intégré pour un grand groupe français. J’étais en poste dans un immeuble de bureaux dont j’ai souvent eu la nécessité de m’enfuir, pour mener à bien le projet sur lequel j’étais engagé. Ce bâtiment d’un aspect morose, est une sempiternelle succession d’open spaces désincarnés, où travaillent des employés rivés sur leurs écrans. C’est pour moi une anomalie en soi dans l’optique d’innovation à laquelle prétend l’entreprise. Séparés des ingénieurs chercheurs, les designers y travaillent à formaliser des concepts dictés par le marketing. Mais cette vision de l’industrie me déplaît. Je ne veux pas considérer mes pairs comme de simples consommateurs et surtout ce modèle en perte de vitesse, ne me paraît pas en mesure de résourde nos crises sociales, écologiques et économiques. Je ne trouve donc pas ma place dans une telle pratique de l’innovation, qui me met devant un tas de contradictions.

À quoi pourrait servir le temps perdu en réunions, focus group, échanges de mails factuels, s’il était employé à a réflexion, le dessin ou le maquettage, tous essentiels à la maturation d’un projet ? Au même titre que les objets doivent nous servir, la structure professionnelle doit se mettre au service de ses employés. Et si toutes les énergies étaient dédiées à la finalité : une proposition formelle innovante mettant l’industrie au service de l’intérêt collectif.

Comment la grande entreprise accepte le designer ? D’expérience les entreprises n’aiment pas se faire bousculer, n’aiment pas le changement et trop peu ont l’ambition d’aller au bout de l’intention du designer.

Mais au XXIe siècle face aux crises que nous subissons, il ne s’agit plus de savoir répondre aux questions mais bien de savoir se les poser. Le design doit être employé pour sa vision holistique des choses et le designer doit être amené à remettre en question les schémas établis. C’est cette posture de prescripteur plutôt que simple chercheur de solutions, qu’il est bon d’envisager aujourd’hui pour les designers dans nos grandes entreprises. Souvent la désaffection pour le design intégré relève d’un paradoxe entre l’ambition de nos études et l’emploi de nos compétences à des visées seulement cosmétiques.

Mais alors qu’il y a un engouement affiché des entreprises pour le design, la situation des jeunes designers en France reste pour beaucoup précaire. Nombreux sont les diplômés débutant leur carrière en stage peu rémunéré et dont l’embauche en CDI est tardive. Le travail en freelance est une option largement répandue quand l’entrepreunariat reste un signe dans le contexte économique actuel.

Alors pouvons-nous encore accepter de travailler sans rémunération, de chercher la reconnaissance à travers des concours et sans jamais accéder à des postes stratégiques ? En plus largement est-ce profitable à l’industrie ou aux institutions de faire l’économie d’une vraie politique à long terme d’innovation par le design ? Y a-t-il encore de l’ambition pour de grands projets qui fassent rêver ?Alors j’appelle de mes voeux que les patrons d’industrie, les institutions ou les entrepreneurs envisagent le design pour sa force de proposition. J’aimerais travailler pour des entreprises qui ont l’ambition de faire des produits singuliers. J’aimerais amener l’entreprise là où elle n’est jamais allée. J’aimerais me défaire de l’urgence du projet et pouvoir consacrer une partie de mon temps à l’entreprise, de la manière qu’il me paraît le plus profitable. J’aimerais mobiliser les formidables ressources des grands groupes à monter des projets qu’ils n’auraient jamais imaginés. J’aimerais être fier du travail accompli à la fin de la journée. J’aimerais trouver ses opportunités en France et ne pas devoir quitter un pays qui, par plusieurs fois dans le passé, a déjà fait figure de pionnier. »

Loïc Le Guen.



Notations 

Autres news Web, Divers
     20/03/2017 10:09:00 Des fichiers JPEG compressés jusqu'à 35% avec Google Guetzli
     06/07/2016 10:40:00 Huawei : une photo prise avec le P9 ? Non avec un 5D Mark II...
     06/07/2016 10:35:00 Les nouveautés de la Creative Cloud d'Adobe
     05/02/2016 15:52:00 Kang, un nouveau moyen de proposer ses services pour les gra...
     02/12/2015 11:51:00 Adobe change le nom de Flash par Animate
     03/09/2015 17:13:00 La mort d’Aylan… en dessins
     30/07/2015 12:57:00 Une police OpenType qui censure automatiquement certains mot...
     30/07/2015 12:55:00 17 000 heures de vidéos d’archive accessibles sur Youtube
     29/07/2015 10:33:00 Nokia dévoile OZO, une caméra pour la réalité virtuelle
     23/06/2015 16:36:00 Hololens : la réalité virtuelle en cubes
     23/06/2015 16:09:00 Stock, la banque d'images par Adobe
     23/06/2015 15:36:00 Droit d'auteur : le rapport Reda validé en commission
     22/05/2015 11:06:00 Le direct à 60fps arrive sur Youtube
     22/05/2015 09:54:00 Sprout fera-t-il pschit ?
     07/04/2015 17:27:00 L’impression 3D bientôt soumise à la redevance sur la copie ...
     02/04/2015 11:43:00 Levée de fonds : 5 millions pour Sculpteo et son Usine « en ...
     24/03/2015 11:54:00 Le moteur de rendu 3D Renderman de Pixar est gratuit
     21/01/2015 11:48:00 FoldIO, le studio photo transportable pour smartphones !
     09/01/2015 14:04:00 #jesuisCharlie : Joachim Roncin, directeur artistique et cré...
     09/01/2015 12:12:00 Impression 3D : MakerBot promet le bois, la pierre et le mét...

Les dossiers de Créanum

Gameplay émergent : l’avenir du jeu vidéo ?
Par Guillaume Perissat le 07/03/2014
Un concept agite le monde du développement. Il bouleverse les systèmes de règles établis et donne une grande liberté au joueur. Dites adieu à la narration, à la linéarité et aux scripts : le gameplay émergent arrive… ou demeurera une utopie. 

[Lire le dossier...]

Autres dossiers Jeu
Crowdfunding : le financement participatif, une solution pour les graphistes ?
Par Louis Adam le 28/07/2014

Ulule, Kickstarter, KissKiss Bankbank : au cours des dernières années, les plateformes de financement participatif (ou crowdfunding en anglais) ont vu leur popularité croître au fil des projets qui se finançaient grâce à ce procédé nouveau. Inspiré des principes du microcredit, ces systèmes permettent de lever des fonds pour un projet ou une entreprises sans forcement passer par le système bancaire. Une aubaine pour les créatifs, mais il convient avant tout de savoir ou l’on met les pieds et ce qu’un tel projet représente. Contrairement à l’impression que ces plateformes peuvent donner au premier abord, il ne suffit pas de « vendre du rêve » sur une page Web pour pouvoir soudainement réaliser ses rêves les plus fous. Un projet de financement participatif se prépare et s’organise.

[Lire le dossier...]

Autres dossiers Web
Google, Adobe... la typographie en danger ?
Par Louis Adam le 12/09/2013
Le tournant du numérique n’a rien de neuf dans le monde de la typographie. Depuis les débuts de l’informatique, la question des polices a toujours été prise en compte, même si rarement sur le devant de la scène. Les années 90 ont vu l’arrivée de nouveaux acteurs tels qu’Adobe qui sont venus redéfinir les règles du marché, en proposant à tous ses utilisateurs des polices de qualité telles que Garamond. Mais face à des entreprises telles que Google qui met à disposition, à travers son service Google Font, un nombre incalculable de polices en libre utilisation, comment les fonderies numériques qui investissent et vivent de la création typographique peuvent-elles survivre ?

[Lire le dossier...]

Autres dossiers 2D, Web
Coloriste : une profession qui en voit de toutes les couleurs
Par Louis Adam le 30/08/2013

 Le coloriste est une profession souvent méconnue dans le monde de la bande dessinée, mais n’en reste pas moins un incontournable dans beaucoup de projets de bande dessinée. Choisi par la maison d’édition ou suggéré par l’auteur avec qui il doit être capable de s’entendre, le coloriste reste souvent dans l’ombre, mais son travail est déterminant. A mi chemin entre les auteurs, les maisons d'éditions et les imprimeurs, son métier lui demande des compétences nombreuses qu'il doit la plupart du temps apprendre par lui-même. Nous avons interrogé deux coloristes sur leur métier, l’évolution des pratiques et les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien. 

[Lire le dossier...]

Autres dossiers 2D
Nouvelles plateformes de diffusion : pour les artistes, quelles solutions ?
Par Louis Adam le 25/07/2013
Il y a deux semaines, le chanteur Thom Yorke expliquait sur son compte Twitter qu’il cessait de diffuser sa musique via Spotify. La raison de son coup de gueule est assez simple : selon lui, les services de streaming comme Spotify et Deezer ne rémunèrent pas suffisamment les artistes qu’ils diffusent. Un détail pour les stars reconnues et largement écoutés, mais Thom Yorke s’inquiète surtout des problèmes que ce système engendre pour les petits artistes qui ne disposent pas d’une audience importante. Les plateformes de diffusion se sont multipliées ces dernières années, offrant aux musiciens la possibilité de diffuser eux-mêmes leurs albums et chansons sans avoir à se reposer sur l’industrie musicale traditionnelle. Mais que doit-on espérer de ces nouveaux moyens de diffusion, que certains n’hésitent plus à présenter comme le seul recours d’une industrie en perte de vitesse face aux transformations imposées par l’arrivée du numérique ? Nous avons recueilli quelques témoignages d’artistes utilisant ces plateformes pour diffuser leur musique.

[Lire le dossier...]

Autres dossiers Musique, Web

News