Le festival Coachella, aux Etats-Unis, a accueilli le week-end dernier le célébrissime rappeur Tupac… mort en 1996 dans une fusillade. C’est Digital Domain Media Group qui s’est chargé de la création de l’hologramme qui était en fait une image 2D, et non 3D comme on pourrait le penser. Explications.
Le week-end dernier, au festival Coachella aux Etats-Unis, les milliers de spectateurs présents ont pu assister à une représentation unique en son genre : un concert de l’hologramme de Tupac. Ca y est, ce n’est plus de la science-fiction, c’est bel et bien réel ! Mort en 1996 dans une fusillade à l’âge de 25 ans, le rappeur a donc fait son retour sur scène parmi les vivants, accompagné par ses complices Snoop Dogg et Dr Dre.
En arrivant sur scène, Tupac lance un guttural « What’s Up Coachella ? » (« Comment ça va Coachella ? »), qui a fait frémir la foule de bonheur, mais aussi d’une certaine incompréhension que l’on peut aisément comprendre. Il a ensuite enchaîné avec deux de ses titres les plus connus, « Hail Mary » et « 2 of Amerikaz Most Wanted », avant d’être rejoint par ses acolytes.
Les spectateurs, étonnés, ont expliqué à la sortie du concert avoir cru voir Tupac en vrai. Mais certains tempéraient : « Il était tellement réel qu’il ne pouvait pas être vrai », disait l’un d’eux. Au premier coup d’œil, on se dit forcément que des mages 3D ont été utilisées. Mais il n’en est rien.
Un hologramme 2D
C’est donc Digital Domain Media Group (DDMG) qui s’est chargé de la réalisation. L’entreprise était déjà connue pour être à l’origine des visuels du film oscarisé L’étrange histoire de Benjamin Button, dans lequel on voyait des images d’un Brad Pitt virtualisé.
Pour le concert de Tupac, DDMG a utilisé une technique du 19ème siècle, inventée en 1862 précisément, appelée « Pepper’s Ghost », et utilisée la même année au théâtre lors d'une représentation à Londres d'une pièce de Charles Dickens (The Haunted Man and the Ghost's Bargain). Elle avait d’ailleurs aussi été utilisée lors du concert de Gorillaz aux Grammy Awards 2006, ici avec Madonna :
Le Wall Street Journal explique la technique avec ce schéma :

Le principe est simple : placer devant la scène une vitre inclinée, invisible pour le public, sur laquelle est projetée l’image virtuelle en 2D. DDMG a donc créé sur ordinateur, utilisant les caractéristiques physiques du rappeur, ainsi que sa gestuelle basée sur ses anciens concerts.
Ici, la qualité est vraiment surprenante, mais aurait coûté entre 100000 et 400000 dollars pour les quelques minutes de show. Une tournée serait pourtant en préparation avec Snoop Dogg et Dr Dre. La vidéo ci-dessous explique le principe de l’effet « Pepper’s Ghost ».