Pierre Michel est sans conteste l’une des personnalités les plus marquantes de la scène
Motion Design. Ses images subjuguent, tellement cet artiste a su rendre réaliste le
surréalisme qui l’habite depuis longtemps : des univers graphiques où s’entrechoquent la
puissance des éléments. Parcours d’un « orfèvre de l’image ».
Au plus loin dans son enfance,
Pierre Michel était quelqu’un de
rêveur. « Trop, de l’avis de mes
parents : j’avais tout le temps la
tête dans les nuages », se souvient-il. Mais le
fait d’être « sur la lune » lui permit de développer
un imaginaire qu’il utilise aujourd’hui dans
ses films. « Maintenant, j’ai à ma disposition
les techniques nécessaires pour retranscrire
ce qui vit en moi », se régale-t-il.
Amadeus, de Milos Forman, a été son
premier choc cinématographique : « Les
plans y étaient très picturaux, extrêmement
composés, comme des tableaux. Par
exemple, la séquence où l’on voit Mozart
se refléter dans le piano : c’est l’image qui
m’a marqué à vie. Je voulais la reproduire
à ma manière avec les technologies modernes.
» Crescendo est d’ailleurs un vibrant
hommage à Mozart.
Alors, c’est le bouillonnement de l’expérimentation
qui s’empare de Pierre, les
premiers tournages à 15 ans avec un caméscope
S-VHS : « A l’époque, je mettais
en scène des amis dans des histoires sans
queue ni tête. On faisait du tourné-monté
en essayant d’écraser au bon endroit sur
la bande afin de « cutter » les plans. Pour
la musique, on avait un poste de radio
avec la V.O. branchée directement sur la
caméra. Et ça donnait des choses quelques
peu bancales (rires). »